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21 July 2025

📬 [LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE]

Respecter plus d’1 million de voix, c’est respecter la démocratie.

Monsieur le Président de la République,

Plus d’un million de nos concitoyens ont signé la pétition contre la loi Duplomb. Ce chiffre n’est pas qu’un record : c’est un signal fort et il continue à croître. Il exprime une inquiétude profonde, une colère démocratique, mais aussi une attente : celle d’être écoutés. Ce ne sont pas seulement des voix contre une loi. Ce sont des voix pour un autre rapport au pouvoir. Un rapport fondé sur le dialogue, la transparence et la confiance.

Vous avez évoqué l’organisation de référendums en 2025. Nous sommes fin juillet, il est temps. L’occasion vous est donnée ici d’en faire un usage juste, au service de la délibération collective. Face à une mobilisation de cette ampleur, il ne s’agit pas d’improviser, ni de réagir dans l’urgence, mais de poser un geste politique fort. Celui de reconnaître que la démocratie ne peut plus se contenter de ses formes anciennes.

Nous savons que la défiance actuelle ne date pas d’hier. Elle s’est construite au fil des renoncements successifs. L’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, sans réelle alternative coconstruite et malgré le vote d’un grand nombre de Français de la région Pays-de-Loire. Le Grand Débat national, lancé courageusement après le mouvement des Gilets jaunes, dont les conclusions (cahiers de doléances) ont peiné à se traduire en décisions. La Convention citoyenne pour le climat, promesse démocratique forte, mais dont les 149 propositions ont été largement diluées, quand elles n’ont pas été tout simplement mises de côté face au poids des lobbies. Et bien sûr, le traumatisme démocratique de 2005, en forme de péché originel : un référendum tranché par le peuple, puis contourné plus tard par un vote inverse des Députés à l’Assemblée. Ces épisodes ont tous contribué à une forme de décrochage civique.

Nous sommes convaincus que ce décrochage n’est pourtant pas une fatalité. Au sein de notre agence, Demopolis Concertation, nous accompagnons chaque jour des démarches de dialogue entre décideurs et citoyens. Et nous constatons une réalité simple : les Français ne fuient pas la participation. Ils veulent comprendre, débattre, être associés aux choix qui les concernent. Ils attendent qu’on leur fasse confiance, qu’on prenne leur parole au sérieux et sur la durée. C’est simple et difficile à la fois, nous vous le concédons.

La loi Duplomb concentre, dans son contenu comme dans sa méthode, ce que beaucoup rejettent aujourd’hui : la verticalité, la technocratie, l’absence de débat préalable. C’est pourquoi sa contestation dépasse les clivages habituels. Elle fédère, car elle révèle un besoin : celui d’une démocratie plus ouverte, plus vivante, plus respectueuse. Il est encore temps, Monsieur le Président de la République, de faire de ce moment un tournant. Suspendre le projet. Ouvrir un débat public rigoureux, pluraliste, transparent. Envisager, si nécessaire, un référendum, non pas comme un outil de validation, mais comme l’aboutissement d’un véritable processus démocratique. Un processus où chaque voix compte, et où le choix final est le fruit d’une construction collective.

Une telle décision ne serait pas un signe de faiblesse. Ce serait, au contraire, un acte de courage et de cohérence. Ce serait affirmer que la démocratie ne se décrète pas d’en haut, mais se bâtit avec les citoyens. Ce serait redonner du souffle à nos institutions, dans un moment où elles en ont bien besoin. Car respecter la démocratie, ce n’est pas simplement organiser des élections. C’est donner un sens au mot participation. C’est faire de la concertation une méthode de gouvernement, pas une formalité consultative. C’est, surtout, entendre que quand plus d’un million de personnes s’exprime d’une seule voix, il ne s’agit plus d’un bruit de fond. C’est un appel.

Cet appel est aujourd’hui entre vos mains. Y répondre, ce serait honorer vos engagements, mais aussi raviver une démocratie que tant croient affaiblie, mais qui ne demande qu’à respirer.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre profond respect démocratique.

L’équipe Demopolis Concertation